Comme un avion sans aile

Comme un avion sans aile, j'arrive sur le yacht luxe pour un déjeuner d'exception

Les mauvais jours s’en vont. Le mois d’avril connaît toujours de très belles journées que les bordelais mettent à profit pour nettoyer le jardin ou simplement prendre une dose de soleil. Le miroir retrouve son activité aquatique, les gamins repartent dégoulinant avec un sourire heureux.

L’écrin de la place de la bourse

Le miroir d’eau est le prolongement de la place de la bourse. Cette dernière est un des endroits les plus préservés de Bordeaux. Lors de la rénovation des quais et du front de Garonne, une attention particulière a été portée au respect des perpectives, dissimuler ou bannir le mobilier urbain. L’arrêt de tram n’a ni caténaire, ni abri pour les voyageurs, encore moins de banc, et les automates de ventes sont absents. C’est à peine si le quai est surélevé.
Rien, ni personne, ne doit interagir avec cette endroit. Il est préservé des tentations mercantiles habituelles. Il est à tous !

Un Yacht de luxe

Depuis quelques jours, un autre motif attire les badauds dans ces lieux. Un yacht de luxe fait escale durant 9 jours. 74 mètres, 1700 tonnes sur la balance, il accueille les invités avec ses 22 membres d’équipages. Les préparatifs vont bon train sur le pont du navire, le nettoyage est constant. La table est dressée au millimètre sous les yeux des promeneurs attentifs au moindre détail de ce dîner d’exception qui se prépare. Évidemment l’identité des bénéficiaires est gardé secret.
Luxe suprême, il fait face au miroir d’eau et à la place de la bourse !

Et bien moi, ça me fait c…

Pourquoi, des personnes, parce qu’elles ont un immense pouvoir d’achat (entre nous, cet argent à été gagné grâce ou sur notre dos !) peuvent se taper du caviar face à la place de la bourse alors que si je m’y installe avec une tente et une table de camping, je finis la nuit au poste de police ?
De quel droit, des société peuvent s’approprier des joyaux nationaux, moyennant une maigre taxe d’occupation, alors que nous, pauvre quidam, devrions que passer ? Taxe d’occupation, juste pour affirmer que la ville gagne de sous et fera baisser les impôts ? Foutaises !
Et surtout, de quel droit ces malotrus viennent-ils saloper mon spot ?
Heureusement qu’il y a toujours un gamin, comme un avion sans aile, pour embellir le lieu.

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