Mais pourquoi le vélo attend seul.

Le vélo attend seul. Mais pourquoi l'a t-on abandonné ?

Le vélo attend seul.

J’ai encore fait le boulot buissonnier. Voilà toute l’histoire. Je suis parti de bon matin par le tram. En effet, j’ai délaissé le bus car j’avais en tête de voir ce que notre Garonne nous racontait de beau. Lorsque je suis arrivé sur la station de correspondance, j’ai regardé l’heure. En avance ! Le pont de pierre est désert depuis que les voitures sont interdites. La brume enveloppe la place. Les lampadaires diffusent leurs lumières au travers du brouillard. Je me dirige vers le pont. Là, le vélo attend seul.

Mais qui a pu abandonner ce pauvre vélo ?

Mais qui a pu abandonner ce pauvre vélo dans le froid et l’humidité ? Il regarde passer les cyclistes qui, eux , n’ont pas délaissé leurs petites reines. Lui, il est seul. Son propriétaire aurait pu lui laisser un parapluie de vélo tout de même.
Je reste un peu avec lui. Je le réconforte en le prenant comme sujet principal de mes photos. Mais il ne semble pas remarquer les immenses efforts consentis pour cadrer avec les lumières qui rendent difficile la mise au point. Il me fait la gueule ?
Un vélo passe et s’éloigne. Le vélo attend seul.
Bon je vais passer mon chemin devant tant d’ingratitude, et je m’élance d’un pas rapide vers le milieu du pont.

Je suis au beau milieu de la Garonne.

Voilà, je suis au beau milieu de la Garonne. Silence seulement troublé par le bruit d’un pédalier. On entend la douce mélodie matinale de la Garonne. Elle s’est levée du bon pied et ne chahute pas trop les flots. Des passants s’exposent à la lumière de l’éclairage public, mais j’ai déjà ce genre de photos. J’ai besoin d’un truc : genre une bonne sœur, la cornette au vent, en trottinette ! Ce n’est pas gagné ce matin. La cornette doit être humide. Et puis j’ai déjà sorti ce fantasme de photographe ici.

Et m…. je vais être à la bourre

Je retourne sur mes pas. J’ai froid et je suis un peu déçu de n’avoir rien fait. J’arrive à l’entrée du pont.
Le vélo est toujours seul.
C’est peut être ça mon sujet du jour : l’histoire d’un vélo dans le froid et l’humidité d’un matin de décembre. Un dernier cliché, très cliché avec l’enfilade des lampadaires, le reflet sur le sol dans le brouillard.
Au revoir le vélo et peut être à bientôt. Bon il faut que j’accélère, je vais être à la bourre !

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