Comment je pilote mon Fuji x100F

Table des matières

Cette photo a une petite histoire.

Fuji x100f les réglages pour un filé

 

J’arpentais, comme d’habitude, le centre de Bordeaux avec mon boitier numérique: un Fuji x100f.
C’était très calme.

Normal, c’était dimanche et il était 10 h du matin.

J’entends au loin des aboiements issus d’un chien courant que je connais bien. Le son de ce type de chien est très caractéristique.

Je pense tout de suite à cette scène que j’ai ratée à plusieurs reprises.
Depuis quelque temps, un vélo-carriole transporte un chien avec un cache-oreilles !

Le vélo est au loin.
C’est bien lui !

Pas le temps de réfléchir, le tableau est inespéré !

Dois-je régler mon Fuji x100f sur AFC OU AFS ?

Et ma vitesse ?
Un vélo, ça file vite !
De plus ma position perpendiculaire à sa trajectoire augmente le risque de flou.

Je laisse l’automatisme ou je gère ?

Un filé en deuxième plan ça pourrait être bien.

Pour les ISO ?
Je n’ai pas le temps, un autre jour.

Je ne sais même pas comment est réglé mon boitier pour l’instant.

Bon il faut se décider, ça urge !

Il pédale vite !

Qui n’a pas connu cette urgence !

Le stress vous envahit, car vous savez que la scène ne se reproduira pas de si tôt.

Vos faiblesses par manque de pratique sont flagrantes.

Ça va trop vite.
Vous êtes coulé et vous avez trop de choses dans la tête.
Vous n’arrivez pas à vous concentrer sur le cadrage et la composition.

Vous paniquez !

Vous faites un filé d’arrière-plan ou pas ?

Dans ce cas le réglage ne convient pas, mais vous n’avez pas le temps de passer en manuel…

Il arrive.
Ça va être le moment à ne pas rater et vous êtes encore à manipuler le joystick du dos du boitier !

Merde, il est là et vous n’avez pas fait attention au fond !

De toute façon, vous ne pourrez faire qu’une seule photo.

Bon c’est fait !

Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute

le Fuji x100f valait 1400€ à sa sortie.

Des automatismes dans tous les sens et vous n’êtes même pas certain d’avoir immortalisé le moment.
C’est bien la peine…

Photo du site https://fujifilm-x.com/fr

 

Photo du site https://fujifilm-x.com/fr


Et évidemment, si vous ratez, il existe toujours une bonne âme pour se gausser sur l’amas de matériel pour un résultat aussi faible.
Pfff, cela ne va pas atteindre la blanche colombe que vous êtes…

Mais si le résultat n’est pas là, vous vous poserez des questions sur vous et sur votre matériel.

En général, le matériel n’y est pour rien.

Bien au contraire, il est 1 000 fois plus efficace que ceux utilisés durant les grandes heures de la photo humaniste.

Le problème, c’est le photographe.

C’est moi, c’est vous !

Être au « Pit » (c’est du Bordelais)

La réactivité est le maître mot du photographe de rue.
Vous comprenez bien qu’il est illusoire de se plonger dans le manuel d’utilisation une fois que vous êtes devant un moment fugace.
La rapidité du photographe de rue est son ADN.

Il vous faut anticiper.

Imaginer la scène qui peut se présenter.
Être à l’«écoute » de la lumière.

Mais aussi prêter attention à l’arrière-plan ou aux couleurs qui vont se marier harmonieusement.
Alors, capter le moment comme le non-moment demande toute votre concentration.

Vos doigts glissent sur l’appareil comme si vous changiez de vitesse sur votre voiture.

La comparaison avec la conduite d’une voiture est intéressante.

Lorsque vous conduisez votre voiture, vous ne cherchez pas, où se situent les pédales du frein ou de l’accélérateur.
Un chat traverse en courant la route, vous réagissez par réflexe.
La pédale de frein se retrouve écrasée.
Cerise sur le gâteau, vous jetez un coup d’œil dans le rétroviseur pour anticiper ce qui se passe derrière.

Lorsque vous déambulez dans la rue, c’est identique.

Vous ne devez pas tâtonner pour changer de diaphragmes et déclencher.

Vous « sentez » une situation, vous shootez.

Ne plus penser qu’à faire des photos

Avez remarqué toutes les choses que l’on peut faire en conduisant ?
Modifier la station de la radio, discuter, régler le chauffage ou la climatisation se fait simultanément avec le maniement des pédales et du volant.

Pourtant, vous êtes tout attentif à ce qui se passe sur la route, aux gamins avec un ballon qui risque de leur échapper comme aux priorités à droite et aux chauffards déboulant de la gauche.

Vous anticipez ce qui peut se passer et vous êtes prêt à toutes les éventualités.

Voilà qui est identique à l’action photographique.
Vous marchez, vous discutez, vous cherchez votre route et vous êtes attentif à tout ce qui se passe.
La dame dont le visage va se superposer avec un bouquet de fleurs ou encore cette dame avec un magnifique pantalon à rayures.
Vous shootez !

Toute votre attention est portée sur les photos possibles. Vous naviguez dans la rue, la manipulation du boitier ne doit pas vous distraire du principal : la photo à faire.

Mais comment faire ?

Un peu d’histoire.

Les automatismes n’ont pas toujours existé.

L’âge d’or des photoreporters ignorait l’autofocus et le programme résultat.

Et pourtant, tous les grands moments du XXe siècle ont leurs photos.

Comment travaillaient les Cartier Bresson, Gilles Caron, Guetta Caro, Capa… ?


Argentique ou numérique, peu importe.
Ce sont les automatismes et programmes disponibles ainsi que leurs rapidités de comportement qui importent.

Les tactiques et réglages qui suivent sont ceux que j’utilise en ce moment ou que j’ai pratiqués lorsque je photographiais en argentique.
Petit détail, tous mes appareils argentiques sont entièrement manuels.

Pour des raisons financières.
En général, ils étaient moins prisés donc avec un prix était attractif en occasion.

Par choix.
J’ai appris avec des appareils argentiques manuels et j’aime assez leurs simplicités.

Suivez-moi…

Je remonte le temps avec ma pratique pour ce type de matériel.
Mon utilisation actuelle des automatismes en découle simplement.

À la mano

Le secret : les préréglages.

On ne peut pas exécuter tous les réglages au dernier moment.

Donc le maître mot est l’anticipation.

J’utilise de la TRIX et je règle la sensibilité sur 320 ISO.
J’enlève 1/3 de diaphragme pour espérer assurer les ombres (la difficulté en noir et blanc).

Pour le diaphragme, c’est aux environs de f/8.

Pour la mise au point, je la positionne sur ma « distance » (Je réalise mes photos aux alentours de 3 à 5 m. )ou sur l’hyperfocale.
Si cette dernière notion vous est étrangère, passez deux minutes sur l’article « les secrets de l’hyperfocale »

À f/8 avec un 35 mm ou un 28 mm, la profondeur de champ est suffisante pour assurer la netteté sur une large plage.

La vitesse est la variable que je modifie suivant les cas.

Lorsque je suis en action, je vérifie régulièrement ma lumière et je règle ma vitesse.
De 4 réglages, je n’en ai plus aucun !

Voilà, je suis prêt à dégainer sans aucun réglage à faire !

Je suis passé du côté obscur de la tradition depuis quelques années maintenant.
D’abord avec un X70 de chez Fuji acheté d’occasion, j’ai craqué pour un Fuji X100F.
Mon premier appareil acheté neuf !

Maintenant, je dispose d’une multitude d’automatismes de réglages.

Un vrai pilote d’Airbus !

Donc, voyons un peu les réglages que j’utilise sur mon Fuji x100f

Premièrement, l’autofocus et ses automatismes.

Auto faux cul

L’AFC réalise en continu la mise au point.

Mes batteries se déchargent rapidement et je suis obligé de les remplacer fréquemment.

Donc pour moi, l’AFS est à l’honneur.
Cela fonctionne plutôt bien avec mon Fuji X100f sauf lorsque mon sujet est en dehors de la matrice.
Je me retrouve quelques fois avec des photos, dont la mise au point est décalée.
Ce défaut est souvent contrebalancé par la profondeur de champ à f/8.

En revanche, avec X70, j’avais un retard au déclenchement important.
Un laps de temps important existait entre le déclenchement et la prise de vue.
Impossible de capter « le moment ».

Je n’ai jamais réussi à déterminer la provenance du problème.
Dans ce genre de cas, je reviens au mode manuel avec réglage f/8 et une mise au point vers 3 à 5 m et je laisse à la profondeur de champ le loisir d’absorber le delta.

Deuxième réglage l’ouverture de l’objectif.

Diaphragme

Priorité diaphragme.

F/8 ou f/5.6 ont ma préférence.
Associé aux focales de 35 ou 28 mm, la profondeur de champ permet d’embrasser l’arrière-plan ce qui situe correctement la scène.

Lorsque je tente un filé, je tourne rapidement la bague vers f/16 pour allonger le temps de pose.
Si je dispose d’assez de temps, une configuration du Fuji x100f impose les ISO à 200 pour imposer une durée plus longue de pose.
Nous reviendrons sur cette option dans le chapitre de la sensibilité.

Troisième manipulations à éviter la vitesse de prise de vue.

Vitesse

J’opte le plus souvent pour la priorité diaphragme. L’appareil se débrouille avec la vitesse.

De même, lorsque je suis en manuel, j’utilise une vitesse assez rapide par rapport à ce que je lis régulièrement sur le net(1/125 ou 1/250 sec).
Je suis plutôt au 1/400 sec. !

Pourquoi ?

Je prends souvent des photos en marchant pour plus de discrétion.
Donc, j’ai besoin d’une vitesse un peu plus rapide.

La raison ?
Faites l’expérience.

Arrêtez-vous brutalement et portez votre boitier à l’œil.
Tout le monde va vous regarder, car leur environnement a brusquement changé ce qui déclenche un réflexe de surveillance.

Les zozos et la configuration du Fuji x100f

En mode manuel avec un boitier argentique, le sélecteur indique 320 pour de la TriX.

En version numérique, j‘utilise une configuration (Paramètre Auto ISO) disponible sur les Fuji x100f.

Ainsi, la sensibilité évolue entre deux valeurs couplées à une vitesse minimale.

J’ai trois réglages :

Auto 1. – Sensibilité par défaut 200

  • Sensibilité maximale 3200
    • Vitesse obturation min 1/400

Auto 2. – Sensibilité par défaut 200

  • Sensibilité maximale 400
    • Vitesse obturation min 1/15

Auto 3. – Sensibilité par défaut 200

  • Sensibilité maximale 6400
    • Vitesse obturation min 1/30

Le premier réglage est celui par défaut, le second lorsque je veux faire des vitesses lentes et j’active le troisième pour la nuit et les ambiances sombre.

J’avoue que ces réglages évoluent régulièrement suivant les résultats de mes tests.
Le troisième mérite encore quelques ajustements.

Je suis encore assez lent pour passer du réglage Auto 1 à Auto 2.
Une touche est dédiée à cette configuration, mais je ne l’ai pas encore intégrée mentalement.

Vous devez avoir aussi vos propres réglages sur de boitiers de marques différentes.

N’hésitez pas à les partager en commentaires.

Mais pourquoi faire comme ça ?

Au début j’étais comme un jeune conducteur sans beaucoup d’expérience.
C’est vert, je passe.

C’est bon.

Je suis prioritaire.

Après de nombreuses années à conduire vers 4 h du matin pour aller ou revenir du boulot, je peux vous assurer que le feu rouge n’a pas forcément la même signification pour tout le monde.
Dans ces heures-là, et surtout le dimanche matin, je regarde à deux fois avant de franchir le croisement même protégé par un feu vert.
Je peux vous assurer que j’ai vu de nombreuses fois des voitures débouler à toute allure en ignorer le feu rouge.

En photo, c’est la même chose.

Ces réglages sont issus de ma pratique régulière depuis de nombreuses années ou j’ai raté une quantité incroyable de photos !

Si vous désirez, piloter votre appareil photo comme un pilote de formule 1, vous devez pratiquer, pratiquer et encore pratiquer.

Il n’y a pas de secret.

C’est la seule solution pour gagner en expérience.
Mais cela ne suffit pas.

Tout comme lorsque vous prenez une contravention pour utilisation du téléphone au volant, vous devez analyser et corriger vos erreurs.
Pour ma part, j’ai changé mon autoradio et je dispose maintenant d’un kit mains libres connecté automatiquement à mon téléphone lorsque je monte dans ma voiture.

En photographie, la démarche est identique.
Comprendre ses erreurs lors de l’editing, chercher le moyen de s’améliorer ensuite vous testez et vous trouverez vos réglages et de la sérénité avec votre boitier.

Vous me suivez ?

Mea-Culpa

De mes années passées à me promener avec mon boitier, j’ai remarqué des moments ou je n’étais pas dans le coup.

J’ai des périodes d’inactivité.

Comme tout le monde, certaines semaines sont particulièrement intenses et ma pratique photographique diminue.

Et pas besoin de confinement pour ça !
Lorsque je reprends mon boitier numérique, j’ai complètement oublié les particularités des différents menus.

Lors d’une de mes sorties, un réglage est apparu dans mon viseur et j’étais en mode vidéo.

Rien de compliqué à première vue.

Et bien impossible de revenir à mes réglages standards !

Je me vois encore sur un banc, avec la notice en PDF sur mon téléphone, à dérouler les menus.

Le boulet.

J’étais peinard en argentique.

Le sommaire de la notice de mon Nikon FM2

Celui de mon Fuji X100F





Vous devez pratiquer régulièrement les menus de ses appareils numériques.

J’utilise une bonne pratique présentée dans cet article : après chaque sortie, réinitialisez votre boitier et refaites vos réglages.

En argentique, comme ils sont tous manuels, je n’ai pas ce problème.

Il est temps de freiner …

Il est temps de freiner et de revoir ce que l’on a vu.

En photographie de rue, la variation de réglage est plus limitée qu’en photo de studio ou de paysage par exemple.

En argentique, les ISO et le diaphragme (320 ASA et f/8) ne variaient guère. La distance était réglée sur l’hyperfocale.
Le principal travail consiste à mesurer régulièrement la lumière et ajuster la vitesse de prise de vue pour les boitiers manuels.

En revanche en numérique avec le Fuji x100f, vous avez pu constater que je laisse beaucoup de latitude à mon boitier.

F/8 en priorité diaphragme, configuration auto de la sensibilité, et j’utilise soit l’AFS ou l’hyperfocale.
Il me reste plus grand chose à toucher…

On peut se consacrer sur l’essentiel : capter les moments et se concentrer sur le cadrage.

Ensuite, il est important de juger le travail réalisé à la maison.
Je regarde très rarement le résultat sur l’écran de mon boitier. Vu le nombre de photos « merdique » que je réalise, je rentrerai vite fait à la maison.
C’est le moment de l’editing.
Il permet le choix des photos mais aussi d’identifier ses erreurs.
Je vous conseille l’article « Comment faire un editing photo » si cette notion vous inquiète.

Pour résumer mes réglages, on peut dire que je suis en préréglage sur ma distance en argentique manuel et en priorité diaphragme en numérique.
Je change très rarement sauf si je décide de tester une autre approche.

La conséquence est que je vais rarement dans tous les réglages de mon boitier numérique et j’oublie la signification des menus et une belle galère sur un banc public.
Depuis, je réinitialise régulièrement mon appareil à la maison et je refais les réglages avec le manuel sur les genoux.

Si vous décidez d’acheter un boitier argentique, ne soyez pas effrayé par le côté manuel.
Les pellicules argentiques comme la TriX sont très tolérantes. Conjugués avec une focale de 35 ou 28 mm ouverts à f/8, vous aurez suffisamment de profondeur de champ pour que les scènes entre 3 à 5 m soient nettes.
De plus, il y a de superbes appareils à des prix abordables.

Je suis curieux de connaitre vos méthodes et vos réglages en photo de rue pour gagner en rapidité et sérénité.
Il doit y avoir mieux, mais je ne suis pas un expert en matériel.

Partagez en commentaires vos réglages, cela donnera des idées à tester en ville pour piloter nos formules 1 comme des pros

2 commentaires sur “Comment je pilote mon Fuji x100f”

  1. Bonjour, très bon article j’aime aussi beaucoup la photo de rue j’ai commencé avec un Fuji XT1 avec un 27 mm F2.8 et j’ai rapidement acheté un X70 pour sont côté discret et légèreté je l’utilisai en iso auto et diaphragme sur f8 et vitesse 1/125 ou 1/250 ou 1/500 et je règle ma zone de netteté entre 3m et infini, j’ai aussi constaté une lenteur au déclenchement avec le X70 avec les sujets mobiles pas évident?
    Je l’ai remplacé par un X100F en occasion que j’aime beaucoup est ce que vous utiliser le viseur optique ou numérique ou l’écran ?
    Marc

    1. Bonjour,
      On fait à peu près les mêmes achats numériques !
      Je suis heureux de constater que je ne suis pas le seul à être géné par le décalage sur le X70 (sinon super appareil).
      Le seul moyen que j’ai trouvé consiste à maintenir à mi-course le déclencheur.
      Pas pratique pour la photo reflex, c’est un coup à prendre.
      Sur le Fuji X100f, j’ai été conquis par le viseur numérique.
      Je n’utilise que lui, en mode noir et blanc le plus souvent. Il faut vraiment que je me mette à la couleur…
      Pour les vitesses, je suis très souvent à 1/400 car j’adore photographier en marchant.
      Belle journée

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