Supprimer le sac photo ?

Supprimer le sac photo, et si on essayait !

Voilà un grand classique des sites de photographies : le sac photo. Comment ranger, protéger, transporter son matériel. Toutes les solutions sont proposées. Du sac à dos à la besace en passant par les rangements en Néoprène, les solutions sont extrêmement variées.
Cela fait plusieurs années que je pratique la photo. Je suis passé d’un ancestral Kiev à un Pentax P30 (cela ne nous rajeunit pas…) pour continuer sur un excellent Nikon FM2 mais encombrant avec un 28 et un 50 (le magnifique 85 restait souvent à la maison) accompagné d’un aussi ancestral Olympus mu pour la photo quotidienne. N’ayant pas les moyens d’acheter un Leica M6 couplé à un 35, j’ai dégoté d’occasion un petit Leica CL (le Leica du pauvre). Sa discrétion, son 40 exceptionnel, son gabarit compatible avec un poche arrière de jean, m’ont fait découvrir les joies de la légèreté. C’est tout naturellement que j’ai opté pour un appareil petit et discret pour mon premier numérique l’année dernière (un Fuji X70).
Durant toutes ces années j’ai utilisé toutes sortes de sacs, besaces, fourre-tout, poches et bien d’autres choses assez incongrues pour transporter et protéger le matériel. Après toutes ces années, j’ai finis dans le plus simple appareil … Pas de sac photo, la poche de la veste ou du pantalon à défaut mon sac de tous les jours (légèrement adapté tout de même).

Comment en suis-je arrivé là ?

Comment en suis-je arrivé là ? Pourquoi supprimer son fourre-tout ? Pourquoi avoir abandonné les fabuleux sacs bourrés d’astuces en tous genres ? Ne doit-il pas être adapté à sa pratique de la photo plutôt qu’à son matériel ? Faut-il absolument un fourre tout dédié ou peut-on utiliser sa besace quotidienne ?
Beaucoup de questions, prenons les choses dans l’ordre.

D’abord, parce que je suis fainéant ! Et oui, j’avoue. Transporter toute la journée une collection d’objectifs, un pied photo que l’on utilisera certainement pas, des filtres, une cellule et des pellicules. J’ai joué (peu de temps), j’ai arrêté. Mes épaules me sont éternellement reconnaissantes pour mon choix.

Côté achat matériel, je suis aussi un peu grippe-sous. Les aiguilles des oursins dans mes poches sont aiguisées proportionnellement à la débauche de conseils, arguments déroulés par les commerciaux pour me faire acheter un nouvel article.
Mon propos n’est pas de refuser les évolutions techniques ou les appareils onéreux. Pour utiliser un Blad et avoir pu tester des Leica , ceux-ci valent largement le prix qui est demandé. Je pense simplement que certains articles proposés ne me sont pas d’une grande utilité immédiate lorsque je photographie. Ils doivent correspondre à ma démarche photo. Donc, j’ai posé la question suivante :

Les éléments constitutifs du sac sont-ils adaptés à ma manière de faire de la photo ?

J’ai dû définir ma démarche photographique, j’ai interrogé le type de photographies que je réalisais, mon approche du sujet ainsi que ma relation avec ce dernier.
Je fais des photos du quotidien : au travail, dans la rue, en voyage. Rarement des paysages.

Boss briefed the team manager
Brief du chef

Sauf durant mes balades photographiques, je n’ai pas de moment privilégié consacrés à la photo. J’ai toujours un appareil à porté de main. Je cadre souvent au jugé. Je sens plus une photo à faire plutôt qu’une réflexion sur la composition ou la lumière. Je shoote au feeling. Pas de flash. L’éclair tue la scène. Pas de zoom. En utilisant ce type d’objectif, j’ai l’impression d’être à la chasse. Je ne tire pas à la lunette, je m’approche et je capte un moment. Ma relation au sujet n’est pas violente mais plutôt respectueuse par l’adoption de la visée ventrale, ne pas mettre en joue mon sujet mais le saluer. Pour clôturer cette analyse, je ne suis qu’un humain qui capte la vie qui passe.

Une fois défini mon type de photo, examinons le matériel utile.

L’appareil photo

Une évidence, il doit être discret, silencieux, petit, disponible, facile d’utilisation. La disponibilité implique qu’il doit être dans la main et non dans un sac. Au pire dans la poche de la veste. Dans un récent article, j’évoquais les trois F de la photo de rue. F comme fishing, F comme following et le F de fuck… Un appareil dans le fourre-tout et c’est le troisième F assuré.
Sa focale doit être suffisante pour capter au jugé les situations. Elle doit être fixe : plus lumineux et moins gros dans une poche (je le répète, j’ai horreur des zooms tromblons, je ne me sens pas bien avec).
Me voilà donc avoir restreint énormément mon besoin essentiel.
Une fois un appareil photo acheté, un bon commercial vous propose immédiatement une assurance et une housse protection. Normal, il faut protéger son investissement.
Au risque de faire crier, je considère que mon appareil est un consommable. Il va prendre la pluie, le vent. Son cuir va s’user, se tanner au contact de la sueur de ma main. Il vivra sa vie et peut être disparaître mais en appareil photo et non en un magnifique objet au fond d’un sac. Souvenir ému de mon Olympus mu.

Le trépied.

J’ai un trépied du temps où je faisais un peu de studio. Il ne sort jamais de chez moi. Il est comme neuf. J’ai du l’aérer deux ou trois fois sans réellement l’utiliser. J’ai donc pris un mini pied de 15cm de haut. Plus facile à transporter me disais-je …
Et bien non, je ne l’utilise jamais. J’ai envie de faire une pose lente ou de photographier en faible lumière ?
J’utilise une focale fixe, elle est plus lumineuse. Ensuite il y a toujours une chaise, un pilier, un mur… sur lequel appuyer l’appareil. J’ai pratiqué de cette manière pour cette photo d’intérieure de la Cathédrale St André.

Cathédrale St André
Cathédrale St André

L’affaire est donc réglée pour le trépied tant que je ne fais pas de photo de nuit à la recherche d’étoiles filantes.

Les objectifs

L’affaire est plus difficile. Le choix a été laborieux. Flash-back : 20 ans en arrière !
J’avais acheté un FM2 de chez Nikon complété d’un 28 et d’un 50. Plus tard je me suis offert un superbe 85 ouvert à 1.8 ! Top pour la photo de spectacle que je pratiquais à l’époque. En photo de rue, j’avais des difficultés à utiliser le 50. Souvent dans mon sac, je lui préférais les lignes offertes par le 28. J’ai pris la décision d’apprendre à l’utiliser. Un seul objectif et tu te débrouilles avec ça pendant plusieurs mois ! Une excellente école. Encore aujourd’hui, je remarque des situations, qu’un 50 aurait mieux rendu. Je n’ai qu’un 28… Tant pis, je tourne autour du sujet pour trouver un angle compatible avec ce que j’ai dans la main.
De cette époque, c’est certainement la leçon la plus importante que j’ai apprise. On doit connaître les limites de son équipement et trouver les photos, les angles, les compositions compatibles avec les possibilités du matériel. Ce n’est pas l’appareil mais le bonhomme qui œuvre. Donnez un jouet ou un jetable à un photographe professionnel, il sortira quelque chose ! Vous ne me croyez pas ? Viser plutôt cette vidéo.

Les professionnels ont une obligation de résultat. S’ils désirent continuer à bosser, ils doivent revenir avec la photo du sprint final du 100m des JO, ou celle de l’interview que le journaliste a mis 6 mois à décrocher. La technique et le tour de main sont indispensable mais en plus, le matos doit être là, adapté, prêt.
Je suis juste un photographe amateur. Je n’ai pas de compte à rendre. La photo que je fais doit correspondre à ma démarche. Je n’ai pas le bon objectif, je m’en passe et je m’adapte.
Plutôt que le nombre d’objectif, mon problème actuel est de déterminer quelle focale prendre. En ce moment, je suis au 28. J’ai vraiment envie de revenir au 40 ou à défaut au 35.
Maintenant que le problème des objectifs c’est considérablement restreint. Attaquons celui du petit matériel.

Le petit matériel

Là aussi, c’est mini mini. J’ai la chance de porter des lunettes, ce qui m’oblige à avoir un petit chiffon dans ma poche. Il est idéal pour l’objectif de mon appareil. Toujours dans ma poche, il permet sans souci d’attendre de revenir à la maison. Sinon, il ne faut pas le dire, mais j’utilise de temps en temps mon tee shirt …
Reste ensuite les piles. En numérique, la consommation électrique est importante. Il est loin le temps du FM2 capable de continuer sans pile ! Donc 2 piles en secours. On ajoute une carte mémoire au cas où et uniquement en voyage. Voilà, c’est tout pour le petit matos.

Supprimer le sac photo ?

Vous l’attendiez ! Et maintenant quel sac va t-il nous servir ? Je vais vous étonner : ça dépend…

L’hiver, la poche de ma veste contient sans problème mon Fuji X70. Les piles vont dans l’autre poche avec mes papiers. Donc pas de sac.

En été l’affaire se complique; il fait trop chaud pour mettre une veste. C’est soit la poche arrière de mon pantalon (pas trop longtemps car de l’humidité apparaît), soit mon sac à tout faire ou celui du boulot. L’histoire se complique avec la cohabitation des clefs, des bouteilles d’eau, des courses…
Petite remarque au passage, c’est dans le fourre-tout qu’il y a un risque de casse, pas dans la main. C’est parce que on range son appareil qu’il faut le protéger ! Méditez…
Du temps où mes enfants étaient petits, ma besace contenait aussi des lingettes, une ou deux couches culottes, des bouquins, des jouets… J’ai eu alors l’idée d’envelopper mon appareil dans une des couches (non usagée) Idéal ! Protégé des coups, des sacs que l’on pose trop brutalement, la couche a aussi la bonne idée d’absorber les liquides qui pourraient s’échapper d’une bouteille d’eau ou d’un biberon.
Cerise sur le gâteau, lorsque j’étais en manque de couche culotte pour mes gamins, j’avais un rechange ! Trop fort le papa !
Mes enfants ont grandi, mes sphincters sont suffisamment musclés; les couches ont disparu de mon sac. Démuni, j’ai découvert un substitut aux Pampers : un carré matelassé, très fin, qui peut se refermer par des scratches de chez ID IdealSolution.

IDSOLUTION Wrap 12
IDSOLUTION Wrap 12

Je n’entoure pas mon appareil comme sur la photo, je réalise juste une petite nacelle que je glisse dans mon sac. Cela fait une sorte de compartiment ou vient se nicher l’appareil.

Je change de sac ? Oui je suis coquet, je change de sac régulièrement… La nacelle se glisse dans le nouveau baise-en-ville sans difficulté.

Et si vous faisiez le test des trois sorties ?

Mais comment vais-je rentrer tout mon fourbi dans un petit carré de 40X40 ? Pour vous aider, un petit truc que je j’utilise pour débarrasser un peu la maison. Il peut s’adapter au matériel photo.
J’ouvre une armoire et tout ce que je n’ai pas utilisé durant l’année passée passe dans la rubrique « à donner », « à vendre » ou « à jeter ». Pourquoi ne pas tenter l’expérience avec votre fourre tout ?
Prenez le contenu de votre sac photo et sur les trois dernières sorties, éliminez ce que vous n’avez pas utilisé. Chiche ?

La loose, je vais peut être changer de veste.

Et voilà le principale souci du moment. Ma veste (celle de la photo) est usée jusqu’à la corde. Il me faut en trouver une autre. Je vous laisse imaginer la tête du vendeur lorsque je teste la capacité volumétrique des poches avec mon appareil. Idem pour celle du commercial lorsque j’ai glissé subrepticement un Fuji X100f dans ma fouille …

Loin de moi l’idée de vous donnez des conseils ou les 10 choses à savoir pour acheter un bon sac photo. C’est le type de photos, la démarche, la relation au sujet qui imposent le matériel. Se poser ces questions conduit à l’essentiel et pour ma part, finir dans le plus simple appareil.

 

Avant de se quitter, j’aimerais vous faire découvrir Zine, le cahier photographique gratuit et bimestriel. Le numéro 4 mai 2018 est tout chaud !

5 commentaires

  1. Cette démarche me plaît !! J’en ai d’ailleurs une assez similaire, plus par flemme de porter un sac photo (ou de m’encombrer) que par souci d’économie d’ailleurs 😉 le sac photo ne sort de la maison qu’aux grandes vacances pour transporter tranquillement le matériel en voiture…
    L’appareil photo depuis quelque temps est redevenu argentique (ehhh oui), j’ai donc un tout petit Rollei qui se glisse dans une poche ou dans le sac à main quand il m’accompagne en sortie shopping et si je prends un sac à dos ou si je veux avoir une focale plus longue, j’ai un P30N trouvé d’occase 🙂
    Sinon j’ai aussi le wrap que tu montres, ça se fait très bien en couture (j’en ai fait 2 en un temps record) : tuto ici https://www.danstacuve.org/diy-protege-appareil-photo-polyvalent/
    A bientôt

    1. Un PN30 d’occase ! Toute ma jeunesse ! Félicitation pour ton site car lorsque j’ai recherché la marque de mon tissus matelassé, je suis tombé sur ton site. Ce qui prouve qu’il est bien référencé ! Et puis c’est une bonne alternative à la couche culotte !

      1. Tu parles de « dans ta cuve » ? Je suis très flattée mais ce n’est pas mon site 😊😊
        Mon site c’est plutôt le blog de couture sur lequel tu dois tomber en cliquant sur mon nom. J’avais aussi commencé un blog photo mais je n’arrive pas à le tenir donc les photos quand y en a, c’est Flickr…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.