Les trois règles de la photo de rue

Un exemple de la'application des 3 règles de la photo de rue

Les trois règles de la photo de rue

Lors de mes balades photographiques, j’aime à déambuler tranquillement, ouvert à l’agitation autour de moi. Ce passe temps est idéal par sa capacité à me « nettoyer la tête » de toutes les pensées du jour. Je ne pense à rien, je suis juste attentif à faire des photographies. La plupart du temps je marche sur des itinéraires souvent identiques. Parfois je reste à l’affût à proximité d’un spot. Plus rarement j’essaye d’anticiper.
Pour le sujet, l’éditing du moment m’indique les deux ou trois thèmes qu’il peut être bon d’explorer. Ainsi, j’ai découvert que je commençais à avoir de la matière sur les parapluies. Bordeaux est une ville où la pluie est très fréquentes; océan oblige. Donc si il existait des règles ou des principes pour photographier la rue, cela permettrais peut être d’avancer un peu.

Existe t-il une règle sur la manière de photographie dans la rue ?

Tout ceci est bien flou et mes techniques empiriques auraient besoin d’un peu de théories. Si tant est qu’une théorie de la photo de rue existe. Elle cadrerait les choses et, sur ces bases, amènerait peut être des idées nouvelles. J’ai suivi dernièrement une vidéo de Dotan Saguy, sur BH Event. Énorme magasin de matériel photo et vidéo qui a la bonne idée de proposer des interventions de photographes reprises ensuite sur You Tube.
 

Il reprend une formule d’un workshop de Matt Stewart qui énonce les approches différentes de la photographie de rue. Elles aident à cadrer et raisonner sa démarche. Il l’appelle la règle des trois ‘F’. Attention, rien à voir avec celle des Glénans sur le mal de mer… (Le Froid, la Frousse et la … Foif. Humour de marin). Une bonne manière pour réaliser des photos noir et blanc insolites par exemple.

Le premier F, comme « Fishing »

C’est le travail sur son spot, sur un arrière plan ou sur une scène et l’on attend que la composition se complète avec une action ou une réaction. Des recherches faites sur le net, une autre notion vient compléter le « Fishing », celle du déclencheur. Le rôle de ce déclencheur est d’amener des réactions aux personnes dans le cadre. Il n’est pas forcement dans la composition mais c’est lui qui induit l’action. Je trouve que cet photographie de Cartier Bresson résume bien le propos. Une forêt de jumelles scrute l’horizon qui est en dehors du cadre. Le caractère insolite de cette photo noir et blanc est renforcé par l’absence de l’élément déclencheur.
Le plus difficile dans avec cette méthode c’est le temps d’attente. J’ai le souvenir récent d’un cimetière désert, d’une attente interminable. Seul un jeune chat est venu à ma rescousse. Je me suis enfuit rapidement.
Donc pour ce premier « F », il vaut mieux choisir un lieu un petit peu animé ! 

Le deuxième F, comme « Following »

La trilogie, chapeau melon, Big Ben et un Bus à impérial londonien

Totalement différent, on n’attend plus, on suit, on anticipe. Le photographe doit être centré sur le sujet, le suivre à travers des décors changeant. Difficile, car on ne sait pas quel type de composition va nous imposer le sujet. Il faut prévisualiser le shoot. Quelle focale ? Vitesse ? Profondeur de champ ? Et bingo, le sujet change direction, nous voilà face au soleil avec un environnement totalement différent. Chaud !
De plus, il ne suffit pas de cadrer quelqu’un dans un décor, mais de réaliser une image avec un fond significatif.
Sur ce cliché de Londres, je voulais, comme tout bon touriste, choper des symboles londoniens. A chacun ses lubies. J’avais la cabine téléphonique, le Black Cab, je cherchais un chapeau melon… Il s’en présente un ! Et c’est assez rare… Je le suis, attentif au futurs cadres possibles.
Coup de chance, j’ai pu réunir trois symboles: le chapeau melon, le bus à impérial et Big Ben malheureusement dans un carcans d’acier.
Il existe une autre possibilité, celle d’anticiper le mouvement du sujet et de l’attendre dans un endroit plus propice comme pour le premier F. Il faut juste se mettre à courir dans la rue, se positionner, choisir le cadre, régler et déclencher lorsque le sujet est dans le cadre. Pour l’avoir fait plusieurs fois, je peux vous assurer que la discrétion est loin d’être assurée !

Le troisième « F », comme « Fuck »

Mon anglais n’est pas très élaboré, mais je pense avoir bien compris la signification. Bien que l’on tente de préméditer les compositions, lorsque l’on est dans la rue, tout peut arriver. On doit être prêt.
Toujours …
L’appareil, non pas dans le sac, ni dans la poche mais dans la main, allumé, réglé sur l’hyperfocale ou en auto comme vous voulez. Mais on ne doit avoir qu’a appuyer sur le bouton ! Plusieurs déclenchements, les premiers au jugé. Mettre l’appareil à l’œil fait perdre trop de temps. Ensuite si le sujet le permet, prendre le temps de cadrer, composer, modifier la focale. Si il vous remarque à ce moment là; vous faites un grand sourire car vous avez peut être assuré l’essentiel au jugé. Les possibilités de recadrage de Lightroom sont fantastiques !
Vu le nombre de photo que j’ai raté parce que je venait de ranger l’appareil ou parce que je n’étais pas attentif, ce troisième « F » de Matt Stewart méritent bien le « Fuck ».

Dans un mois va paraître Zine, le cahier photographique. Une seule solution pour ne pas le rater, s’inscrire !
Et je vous avertis de sa parution.


 

 

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