Pourquoi j’utilise la visée ventrale !

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Une vieille histoire

Vous ne vous êtes pas trompé, ce n’est pas un billet sur le parachutisme mais bien sur la photographie et un type de visée dont on parle assez peu. J’ai eu plusieurs appareils dans les mains : Zenit, Pentax P30, Nikon FM2, Kiev en 6X6, Leica (le CL, celui du pauvre mais excellent) et aussi un vieux Blad. Question objectif, j’ai très vite abandonné le seul zoom que j’ai eu avec le P30 pour adapter un 50mm. Concernant les objectifs, la ronde est constituée de 28, d’un excellent 40 avec le Leica et de 50 ou 80. Du passage par le Blad, j’ai particulièrement apprécié la visée ventrale. Elle doit certainement correspondre à ma manière d’aborder le sujet, d’éviter l’agressivité, d’être discret et de presque s’excuser de faire une photo.

Une vieille habitude de cadrer au jugé.

Il y a maintenant, bien longtemps, alors que je débutais en photographie, j’avais pour habitude de mettre mon appareil photo sous le nez des gens ou posé sur la table et je déclenchais au jugé. Au prix de la pellicule et des tirages, on me prenait pour Crésus ! Mon secret, je développais moi même mes pellicules… Je ne tirais que celles qui me plaisaient. Encore aujourd’hui, cette methode est hyper économique.

Un jour, vint le Kiev.

Très attiré par d’autres formats, je me suis acheté un 6X6, un Kiev (au rideau plus que capricieux). Ensuite, le nec plus ultra, un Blad hors d’age, qui me comble lorsque j’entends le bruit de son déclenchement.
C’est à partir de ce moment que j’ai découvert la visée ventrale. L’appareil bien posé sur le ventre. On se penche. On se déplace. Un ballet loin d’être discret mais qui apporte un autre rapport avec les personnes photographiées.

Une visée, ou plutôt une invitation.

Deux méthodes, dictées par le matériel, établissent un rapport diamétralement opposé avec le sujet ou la personne photographiée.

La première avec une gros reflex et un énorme zoom 20-200, vous portez l’appareil à l’œil et vous mettez en joue. C’est une execution ! J’ai horreur de cette approche. Peut être parce que mon papa m’a toujours interdit de viser quelqu’un. Ce n’est pas moi.
La deuxième avec un gros 6X6 et son très gros 80 ou 150, vous baissez la tête comme pour dire bonjour et par avance s’excuser de prendre une photo. Comme le cadrage est inversé, on ne peut s’empêcher d’osciller de droite à gauche, lever le nez vers le sujet avec le sourire obligatoire devant tant de gaucherie. Un autre rapport s’établit avec le sujet, étonné, en douceur, une invitation au dialogue.

Et en 24×36 ?

Lorsque je pratiquais l’argentique, ma démarche était identique. Toujours des déclenchements au jugé, au plus près des gens, je n’utilisais que des focales fixes : 28, 40 ( magnifique focale) et 50 mm. Petites, discrètes, jamais de tromblon ! La recherche de la discrétion avec de petits appareils, des focales courtes, je passe inaperçu en m’immergeant dans le foule que je photographie au plus près.

Une autre ligne de visée

Un point souvent méconnu de la visée ventrale est la modification de la ligne visée. La visée normale (classique, l’œil collé au viseur) fabrique une ligne de visée légèrement en plongée (surtout si, petit, on a bien mangé de la soupe). Le sujet est très légèrement écrasé.
La visée ventrale donne plutôt une contre plongée et produit l’effet inverse, une toute petite mise en valeur du sujet. Il passe presque inaperçu, mais il est là.

Je passe au numérique

Lors de mon passage au numérique, j’ai découvert l’écran pivotable du Fuji X70. Immense plaisir de retrouver la visée ventrale. Je l’utilise presque exclusivement. Même lorsque j’ajoute le viseur extérieur, elle revient à chaque coup. Pour tout vous dire, j’ai même renoncé à l’achat d’un Fuji X100f qui ne disposait pas d’un écran orientable !

Si ce n’est pas de l’amour pour une telle visée !

Petit cadeau, je viens d’ajouter un en galerie : Gare St Jean. 

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