
L’histoire de la street photography
L’histoire de la street photography commence avec la Photo League de New York et les expos du MoMA comme « New Documents », qui ont marqué l’inauguration de ce nouveau genre.
Cela fait plusieurs jours que j’ai des difficultés à produire quelques photos. Temps disponible, problèmes de la vie, marche embrumée par des difficultés du travail. J’accélère le pas. Je dois utiliser ma méthode : Slow down. Se vider la tête des mauvaises pensées.
Retrouver un œil.
Samedi, j’ai parcouru 4 km, lentement, doucement, tranquillement. J’ai essuyé une averse de giboulées. La position statique fut propice à la découverte d’un cadrage original.
Je publierai la photo dans la semaine. Heureux de retrouver un œil, je suis revenu trempé vers mon canapé douillet. Je repars aujourd’hui dimanche, à la recherche de mon œil.
Voilà une notion bien étrange utilisée par les photographes : l’œil.
Vous connaissez l’œil du siècle : Henri Cartier Bresson.
L’œil d’Istanbul: Ara Güler.
Robert Frank, l’œil qui regardait les américains. Cette expression considère la capacité du photographe à appréhender le monde qui l’entoure.
Il le prend avec un autre regard, celui d’un enfant ou d’un voyageur découvrant un lieu étrange.
Bill Brandt aimait à répéter :
Cela fait partie du travail de photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l’enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange.
Nous baignons dans un univers d’image possible. Mille et un sujets nous entourent. Nous n’en voyons aucun, occupé que nous sommes par le temps ou nos problèmes.
Voyons nous seulement nos compagnons de voyage dans le métro ou le tram ?
Non. L’œil du photographe, lui, déniche des perles dans cet océan.
Photographier, c’est une attitude, une façon d’être, une manière de vivre
affirmait Henri Cartier Bresson. Il faut s’ouvrir au monde et se fermer à ses problèmes.
Voilà bien un précepte à tenter dans les transports. Optons pour une autre attitude. Passons le smartphone de la position internet à la appareil photo et regardons avec des yeux d’enfants le monde autour de nous.
Il y a ce monsieur qui s’endort.
Cette dame ferme les yeux pour s’isoler.
Il y a ces mains les unes au-dessus des autres accrochées à la barre.
Il y a aussi les reflets des voyageurs dans les vitres.
L’œil s’ouvre, il faut du temps, ne plus penser à rien sauf à aimer ses congénères. Ne prenez pas tout de suite des photos dans tous les sens.
Attendez, attendez le moment… le choc… l’émotion… l’instant… l’envie… le besoin…
Ce moment vous allez le sentir, vous ne pourrez que prendre la photo même dans les endroits les plus incongrus comme la photo de votre boss lors d’une réunion de travail.
Ce sera pour vous une obligation, même en prenant la photo au jugé, vous saurez que c’est celle là.HCB résumait ce moment ainsi :

S’il n’y a pas d’émotion, s’il n’y a pas de choc, si on ne réagit pas à la sensibilité, on ne doit pas prendre de photo. C’est la photo qui nous prend.
J’ai le souvenir aussi d’une interview de Sarah Moon qui expliquait lors d’un shooting de mode :
Non pas celle là, oui peut être, ou alors autrement, je ne sais pas. Et puis tout à coup, c’est bon. Sans voir le résultat sur la plaque, je sais qu’elle est bonne
Lors du retour de ma balade, j’ai ressenti plusieurs fois ce moment. Je dois shooter. C’était un pied de femme en attendant le tram, un couple se photographiant aux Quinconces, un cadrage avec les escaliers, et pour finir lorsque mon tram en croise un autre. De l’autre côté, un couple discute prés de la fenêtre. La jeune femme prend un air songeur. Son visage est dans la lumière. J’ai l’appareil sur le ventre. C’est fort en lumière, composition, envie, désir. Je ne peux qu’appuyer sur le déclencheur. C’est plus fort que moi.
Mon œil revient.
Et si vous alliez faire un tour sur la galerie photo.


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