Photographie : trouver l’inspiration en photo de rue

Ombre chinoise devant la vitre du dernier étage du Tate Modern

Je manque d’inspiration !

Je ne trouve pas de sujet… je ne sais pas quoi photographier…  Comment trouver l’inspiration en photo de rue…  Combien de fois a t-on pu voir ou entendre ce genre de remarque ! Loin de moi l’idée de donner des conseils du type : il faut faire ceci ou cela. J’ai plus envie de partager mon expérience, mes erreurs, mes réussites et surtout le plaisir de faire de la photo de rue comme un style de vie, de liberté. Ce blog essaye de raconter la petite histoire derrière chaque photo. Comment j’y suis arrivé, l’idée qui a émergée, le point qui m’a touché. Comment par la suite des images s’assemblent, se rapprochent. Des thèmes naissent et renforcent l’inspiration lors de mes balades.

Retrouver la liberté

La photo de rue c’est la liberté, s’échapper du quotidien, fermer son esprit aux problèmes et ouvrir son œil aux autres pour trouver l’inspiration. Ce n’est pas un type d’appareil, ni une focale particulière. C’est l’appareil qui est là au moment où l’on en a besoin, où l’inspiration surgit. Cela peut être un Blad, un Leica, un smartphone ou un argentique jetable. Peu importe. Il doit être là, avec toutes ses contraintes de focale, de diaphragme, d’encombrement. J’ai testé plusieurs formules de l’iPhone au Blad. Toute sont bonnes, elles doivent vous correspondre c’est tout. Il n’y en a qui sont juste plus lourdes que les autres !  De toutes les façons, sur un sujet, on trouve toujours une excuse lorsque l’on ne trouve pas l’angle. Je n’ai pas la focale. Il me faudrait un zoom. J’ai un problème de vitesse… Il y aura toujours une excuse et le sac à dos va s’alourdir proportionnellement à l’allègement du porte monnaie. Le temps de sortir le bon zoom, le bon objectif, je sujet s’enfuit. On perd de sa liberté.  En ce moment, j’utilise un petit numérique à focale fixe toujours dans la poche de ma veste ou de mon pantalon. Je vois régulièrement des clichés qui nécessitent de longue focale, je passe mon chemin. Tant pis. La liberté a un prix.
Je vis ma vie avec cet appareil. En allant au boulot, l’air est agréable. La brume envahit la ville. Je pars avec un peu d’avance, et je m’arrête près de la Garonne juste pour profiter du lieu. Un réverbère, une lumière, des passants, deux, trois photos, j’ai rempli ma journée, ouvert mon œil loin des problèmes. C’est une manière d’appréhender la vie, de se la réapproprier. Pourquoi ne pas le dire : une manière de vivre.
Plus généralement, j’ai instauré un rite, un espace. Je pars avec mon appareil dans la main (c’est hyper important de l’avoir dans la main) pour une promenade à travers les rues pour 2, 3 ou 4h le samedi et le dimanche. Je dois faire 5 ou 6 km maximum. Plutôt le matin. J’arpente les rues à la découverte d’un lieu où plutôt d’un quartier.

L’inspiration par l’exemple

Inspiration en architecture. Immeuble Sud-Ouest Bordeaux
Bordeaux Janvier 2018

Dans le cas présent, j’en avais assez de faire le centre de Bordeaux. J’avais plusieurs photos sur l’environnement de la Garonne et j’avais envie de voir de l’autre côté, sur l’autre rive. L’espace Darwin m’attirait. J’y suis allé à pied, à travers les quartiers, les immeubles modernes, les ensembles hyper protégés du coin. Le chemin est presque plus important que la destination. Le contraste saute aux yeux. Darwin et son enveloppe sociale, « libertaire » contraste avec les logements qui le ceinturent derrière des murs de protections, des barrières et des caméras de surveillance. Je passe devant l’immeuble de Sud-Ouest, véritable vaisseau face à la rive et à Bordeaux. Le lieu semble fermé sur l’extérieur, replié sur lui même et ses certitudes de puissance. J’ai un thème sur l’architecture, Meriadeck ici et . J’observe les surfaces vitrées fermées reflétant le ciel, je tente de composer. Pas grand chose. Peut être que le reflet d’une grue déformée par les vitres peut faire une idée de cliché. Un peu plus loin, je vois les lettres de Sud-Ouest sur le bâtiment écrites sur plusieurs plans. Étonnant ! Je tente de trouver l’angle. Je tourne, m’éloigne, m’approche, repars, je ne trouve rien, c’est sombre. Il faudrait un curé en trottinette pour qu’il y ai un intérêt, et cela ne semble pas être le repaire du clergé. J’arrive sur le coin de l’immeuble. Un décrochement casse l’angle. Je suis dessous. C’est imposant. On est sur un classique de la photo d’architecture (j’ai déjà utilisé ce type d’angle de prise de vue ici par exemple). Je veux être parfaitement aligné, géométrique : 4 prises de vues. Celle que je vous présente est la troisième photo de cette rue. Tourner autour du sujet m’a permis de trouver l’inspiration.

Retrouver l’inspiration et des sujets

Vous l’avez compris, faire des photos de rue est inhérent à ma manière de vivre. Un lieu, une personne, dans le tram, à la maison, je ne me bride pas si un sujet se présente. Je ménage des espaces de liberté par des promenades solitaires. Je prends le temps d’aller au travail ou d’en revenir à pied. Même lors d’une réunion au boulot ! L’iPhone est là. Le panneau derrière mon bureau regorge de photos de mes collègues. Cela attire toujours des regards intéressés et une attention particulière lorsque je joue avec mon portable en réunion. De mon expérience, le plus difficile est de vider son esprit et d’ouvrir son œil avec un objet photographique dans la main. Pour aller plus loin, j’ai découvert la traduction du billet de Peter Bower, il propose des pistes curatives pour retrouver l’inspiration. J’aime aussi la démarche de Ted Vieira expliquée sur sa vidéo. Il utilise le mot « slowdown » : ralentissez, sortez de vos pensées, regardez autour de vous et même arrêtez vous, asseyez vous !

 

6 commentaires

  1. J’aime beaucoup le graphisme de cette photo.
    J’aime faire des photos de lignes dans la ville où j’habite, Bordeaux. Je les prends presque de manière inconsciente. Pour l’instant, en manque de mobilité et ceci jusqu’au premier mai prochain.
    Electron libre sur les sites ou blogs. A bientôt. 🙂

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