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Le dilemme du photographe pressé à Paris

J’avais la chance de pouvoir me rendre assez souvent à Paris pour le boulot mais pas que…
J’essayais toujours de combiner mes voyages avec quelques visites d’expositions ou de musée dans la capitale.
La seule chose importante, étant que la soirée ne soit pas trop entamée par les dernières interrogations lors des réunions.
Donc un simple adage : à partir d’une certaine heure, pas de question est l’unique bonne réponse !
Une fois liquidé ces petits détails; Paris, ses musées, ses galeries, ses salons pouvaient s’offrir à moi.
Mais il faut faire vite, sinon les portes se ferment et la soirée est fichue.

J’avais pris l’habitude de sélectionner un ou deux lieux possibles suivant le temps disponible.

Aujourd’hui, mes occupations professionnelles sont beaucoup plus détendues et lorsque je monte à la capitale, je peux profiter pleinement de la ville pour m’y balader, photographier la rue et visiter des galeries d’art, musées ou fondations.

Éduquer son œil.

Mais voilà, le problème reste le même : où aller ?
Les propositions sont très nombreuses et l’on peut se contenter des deux ou trois sites usuels.
Mais le risque de rater quelque chose est immense !
Les rares galeries sur la photo ne sont pas toujours très visibles.
Vous irez certainement voir les photographes Avedon, Salgado ou Martin Parr si cela se présente, mais qui vous préviendront d’une expo sur Kenneth Josephson, Tony Ray Jones ou Barbara Crane ?

The City, London-1967, Tony Ray-Jones
Image de Barbara Crane. Un couple marchant sur le sable de Yellowstone
Barbara Crane Yellostone 1971-1979
Image de Kenneth Josephson pprise à Chicago en 1965. Un homme noir passe devant une croix noire.
Kenneth Josephson Chicago 1965

 

Je ne sais pour vous, mais je trouve important de s’ouvrir les chakras.
Nous baignons toutes la journée dans l’univers des réseaux sociaux et leurs algorithmes nous proposant uniquement ce qui semble nous convenir sans découvertes malencontreuses.

Vous demeurez dix secondes sur un ours qui fait du trampoline,
et bingo.
Vous vous retrouvez avec une collection de plantigrades sautant dans tous les sens.

Vous cliquez sur un coucher de soleil,
et vlan!
Votre fil Instagram, Facebook ou autre, vous inonde du même contenu.

Vous le savez bien, si la première suggestion méritait une légère diminution de votre vitesse de scroll, le reste ne vaut pas tripette !

Sortez des injonctions des réseaux sociaux !

Comment faire ?

Petit retour en arrière…

Lorsque je travaillais en horaires décalés, j’avais pris l’habitude de profiter de mes après-midi pour flâner dans Paris et me réfugier au Musée du Louvre, entre autres.
Un jour ce sont les antiquités, un autre la peinture française, etc.

J’égrainais au fil du temps toutes les salles et cela me fit découvrir d’étonnantes sculptures, comme celle de l’hermaphrodite endormie, ou des artistes-peintres tels Poussin ou Vermeer.

La MEP, le jeudi soir était gratuit et fermait à 22 h !

Idéal pour se nettoyer les yeux !

Il y avait aussi des déceptions.
Certaines expositions photo me laissaient de marbre. Les images ne m’évoquaient rien ou/et je ne comprenais pas la démarche.

Ce n’était pas grave.

Je n’étais peut-être pas prêt,

L’intérêt consistait à s’interroger.
Pourquoi aimons-nous ?
Pourquoi cela nous échappe-t-il ?

Le sujet, les compositions, le choix du papier des tirages, l’encadrement ou encore la scénographie sont autant d’éléments qui, disséqués, vous apportent énormément pour vos futures productions.

Et puis sans rire,
le monde entier vient à Paris pour ses musées et ses expositions.
Vous, qui avez la chance de passer par là, vous vous en priveriez ?
Ce n’est pas raisonnable !

Ne ratez plus une exposition

Bon, vous avez compris qu’il est important, lorsque vous ne possédez pas la maîtrise du temps, d’optimiser vos sorties.

Il est tout de même pénible de se lever aux aurores, de prendre le train, d’essayer de finir sa nuit avec un voisin qui frappe frénétiquement sur son ordinateur portable, se taper le plateau-repas froid afin de maximiser la réunion, sans pouvoir profiter un petit peu de votre voyage avant le retour du soir !

Cette méthode a pour avantage de vous faire détecter des endroits que vous n’auriez pas spontanément choisi de visiter.
Vous découvrez !

Deux solutions s’offrent à vous :
La première, vous passez deux jours sur le Net à explorer tous les sites des galeries ou musées pour extirper deux ou trois lieux intéressants.
Bon courage !
Les sites Web se comptent par centaines.

Une autre astuce consiste à sélectionner deux ou trois adresses fiables et à y aller au petit bonheur la chance.

J’ai agi de cette manière pendant longtemps.
La MEP, la Fondation Cartier Bresson (même si je n’arrivais jamais à mémoriser les jours d’ouverture), le Louvre, le centre Beaubourg (qui sera fermé sous peu)… en ce moment, j’ai ajouté la Galerie Rouge, Le Bal ou le 104.

 

J’utilise depuis quelque temps une nouvelle solution.

Elle possède l’avantage de rassembler la dimension temporelle et spatiale.

J’ai une vue globale sur toutes les expositions du jour, mais aussi celles présentes près de l’endroit où je me situe.

Vous êtes toujours là ?
Alors on y va !

Dimension 1 : maîtriser le temps (quoi voir et quand ?)

 
Soyons efficaces.
Dans un premier temps, je vous propose l’ancienne méthode.   
Assez basique, elle m’a permis de profiter des petits moments laissés libres, en fin d’après midi ou en soirée.  
Mais avons-le, je croisais les doigts dans l’espoir de trouver quelque chose.
 

L’ancienne méthode : déjouer le couvre-feu avec les nocturnes

C’est basique, mais cela fonctionne toujours !
La mienne comme celle de nombreux Parisiens, du temps où j’habitais la capitale, se concentrait sur les musées qui restent ouverts tardivement.  
Par exemple : 
Le Louvre demeure accessible jusque 21 h le mercredi.   
Pourquoi le Louvre ?  
Il y a constamment un truc à y voir mais les prix ont salement augmenté.
– La MEP propose des soirées le jeudi jusque 22 h (et en plus c’était gratuit, mais ça, c’était il y a longtemps).
– Le Jeu de Paume ferme ses portes à 21 h en période d’exposition.
– La Fondation Cartier Bresson clôture à 19 h. 
 
Quoi de mieux pour finir sa journée que d’y passer une petite heure avant de rentrer ou de prendre le dernier train?
  
Je vous partage le lien permettant d’accéder à la liste de tous les musées ouverts le soir.  
C’est l’excellent officiel des spectacles !
Inégalé depuis des lustres.
 
 
Cela fait déjà pas mal non ?  
 
Donc le matin, avant les réunions, vous visitez sur votre téléphone les sites et vous faites votre choix.  
  
Si vous ne vous souvenez plus des lieux, un petit pense-bête sur l’application « Rendez-vous » de votre bigophone rafraîchira votre mémoire.  
De plus, si vous réglez la sonnerie, voilà une excellente excuse pour filer à l’anglaise…  
  
J’admets que je me suis retrouvé quelquefois sans vraiment quelque chose à mettre dans l’œil.  
Lorsque ma journée se terminait par la moindre expo, j’éprouvais toujours une légère satisfaction pour avoir profité pleinement de ma journée parisienne.  
 
Allons plus loin…  
 
Il y a quelques mois, j’ai découvert un petit site qui m’a facilité grandement la vie.  
Je ne sais pas s’il va continuer à émettre de bonnes idées d’expositions.  
  
Pour l’instant, il fonctionne correctement.
  
Je vous embarque dans la nouveauté.
En route !

La nouveauté : Trouver l’expo du jour en un clic

Vous me suivez toujours ?

Armez-vous de votre portable préféré et direction le site agenda.parisphoto.com.
Je l’ai découvert par hasard.
Vu son nom, le lien avec Paris Photo en novembre semble évident.
Survivra-t-il à l’année 2026 ?
Mystère…
Mais tant qu’il est là, profitons-en.
Un de ces avantages est de présenter les galeries photographiques qui sont les grandes absentes de l’Officiel de spectacles ou de tout annuaire muséal.

L’interface est assez simple.
Ajoutez la ville dans la case « Cities ».
J’ai tenté Bordeaux, Toulouse, la bête n’a pas bronché.
En revanche les villes de Lyon, Marseille, Berlin ou Paris ont réveillé l’animal.

Il ne vous reste plus qu’à cibler plus précisément avec une date et le tour est joué !
Attention, le calendrier est dans la case du dessous.

Interface du site Agenda.ParisPhoto

Vous obtenez une liste d’expositions possibles.

Cliquez sur une pastille.

Vous retrouverez une présentation en anglais, vous allez pouvoir réviser vos verbes irréguliers, et un lien vers le site du lieu.

Cool, non ?

Seul petit défaut, le site n’est pas très friendly sur mon vieil iPhone 7.

Voilà pour l’aspect temporel pour votre recherche.
L’officiel des spectacles pour les ouvertures tardives et le site Paris-Photo pour les expositions du jour.

L’aspect «vision globale» est réglé.

En revanche, un problème surgit lorsque le camarade Régis lance la discussion sur un point difficile au moment de quitter la réunion.
On avait bien dit : pas de question à partir de 16 h !
Mais non, la question qui fâche a été posée !

18 h. Vous êtes dehors, mais la période est sacrément contrainte pour faire quelque chose…
À moins que vous trouviez quelque chose dans les environs.

Je vous propose une autre ressource : ma liste sur Google Map.

C’est l’aspect spatial de ma méthode.

Comment faire ?
Rien de plus simple, je vous le montre en deux temps et trois mouvements.

Dimension 2 : Maîtriser l’Espace avec Google Maps (Où aller ?)

Le principe

Faire une liste enregistrée des principales adresses proposant des expositions.
L’idée est de faire un parallèle avec la recherche d’un restaurant ou d’un café.

Dans ce dernier cas, vous utiliser Google Maps ou Plan, sur Apple pour découvrir les troquets à proximité.
Google Maps offre déjà le catalogue des musées à proximité, mais je la trouve trop générale et pas assez axée sur la photographie.
De plus les librairies et galeries en sont absentes.

D’où l’idée d’en réaliser une avec les adresses que j’ai visitées mais aussi celles qui peuvent un jour s’avérer utiles.

Le tutoriel pas à pas : créer sa liste «Expositions Paris» sur Google Maps.

Ouvrez l’application Google Map sur votre téléphone ou le site sur votre ordinateur.

Comme un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, je vous propose une petite infographie expliquant le processus.

Guide pas à pas pour utiliser les listes sur Google Maps

Enregistrez tous les endroits qui vous intéressent même s’ils ne sont pas dans votre périmètre actuel.
En effet cet inventaire vous sera utile pour vos déplacements futurs.

Lorsque vous serez en vadrouille, lancez l’application Google Map et visez en bas l’onglet « Enregistrés »

Toutes vos listes apparaissent.
Choisissez la vôtre.
Toutes vos expos sont regroupées au même endroit.
Et ce n’est pas tout !

Maintenant, sélectionnez une manifestation et s’illuminent devant vos yeux ébahis tous les renseignements : l’itinéraire, les heures d’ouverture, le site…

Elle n’est pas belle la vie ?

Ainsi même si des aléas (le camarade Régis) ont modifié votre journée, d’un seul coup d’œil, vous trouvez l’expo la plus proche de vous.

Les listes Google Map étant difficilement partageables sur un site, je vous propose sa version en My Map.

Je trouve cette solution moins pratique du fait des aller et retour nécessaires entre les différentes vues.

Ça vous donne une idée…

Le cadeau

Pour faciliter mes visites à Paris, j’ai créé une liste de trente galeries, fondations et musées que je peux consulter à tout moment.

Un lien permet d’accéder à cette liste, qui a la particularité d’être partageable directement 

Je l’offre aux membres de mon site.
Le lien se trouve en bas des mails que vous recevez.

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Étude de cas : Une journée de «lutte photographique» en mai 2026

Mes obligations avec les réunions sur Paris sont quelque peu distendues.
Donc, je ne vous parlerai pas de ma dernière journée de travail mais de mon précédent séjour parisien.

Nous avons profité du week-end prolongé du 1er mai 2026 pour retrouver des amis à Paname.
Ils avaient réservé Martin Parr au Jeu de Paume, et nous devions partir à l’aveuglette pour le reste de la journée.

De plus en plus de musées imposent une réservation.
J’ai horreur de ça !

Si je comprends la nécessité de limiter l’affluence pour goûter le lieu, je garde l’habitude de ma vie parisienne où j’allais, suivant le vent du moment, arpenter le musée de la marine ou le musée Bourdelle.
Donc vérifiez s’il reste de la place !

La veille au soir, nous avions regardé le site agenda.ParisPhoto.
Décision confirmée : nous ferons l’après-midi au petit bonheur la chance.
Martin Parr a ouvert le bal, suivi d’un photographe inconnu de moi jusqu’alors et fort captivant, Jo Ractliffe, exposé dans les sous-sols du Jeu de Paume.

À la sortie du jeu de Paume nous avons fait une petite pause et nous avons regardé l’applicable Google Map.
J’avais l’intention de leur faire découvrir la galerie Rouge qui est proche de la MEP, la galerie Polka, et d’une librairie-galerie qui vient juste d’ouvrir le 119.
Tout cela dans un mouchoir de poche sur la carte.

La Galerie Rouge proposait des tirages argentiques de Danny Lyon.

La galerie/librairie Écho 119 exposait quelques épreuves de Kazuo Kitai dont j’avais vu un article dans la presse.
Pour info la maison du Japon à Paris soumet une rétrospective plus complète jusqu’au 25 juillet 2026.

L’espace Polka présentait le photographe Guillaume Lavrut, tandis que la pièce adjacente mettait en vedette les premiers travaux de Salgado sur Paris dans les années 1970 (des tirages argentiques rares) et l’étonnant boulot de Nick Brandt.
Sept expositions !
Pas mal pour une petite journée !
Surtout que, seul, le jeu de paume était payant.

Les pièges à éviter pour réussir sa virée parisienne

 
Les erreurs que j’ai pu commettre avec cette méthode sont assez rares.  
Je vous en indique quelques-unes :
– Attention aux dates particulières comme le 1er mai ou le 11 novembre.  
Lorsqu’il existe, je jette un coup d’œil sur l’Instagram ou le Facebook du lieu; il confirme ou infirme souvent l’ouverture.  
Sinon, je consulte le site internet.  
  
Autres défauts :
– Celui de planifier trop de visites!  
N’oubliez pas que vous êtes à Paris qui est une ville merveilleuse pour la photographie de rue.  
Donc, pensez à faire profiter du voyage, votre boitier préféré.   
 
– Refuser de partir à l’aventure.  
Certaines galeries ou librairie-galerie ne réussissent à survivre que quelque temps.  
Si la programmation vous tente, c’est l’occasion rêvée, avant que les affres économiques ne la fassent disparaitre.  

Conclusion

 
Voici le moment de nous quitter, mais avant, rappelons les trois plans pour les fins de réunion à Paris.  
La dimension temporelle :
– L’officiel des spectacles est le moyen le plus simple de connaitre le lieu ouvert tardivement lorsque Régis pose la question qui fâche.  
Cette vénérable institution propose sur son site un récapitulatif de toutes les expositions payantes ouvertes à une heure avancée.  
 
– Le site Paris-Photo est là pour ça.  
Je ne sais pas combien de temps il va perdurer, mais profitons-en tant qu’il fonctionne.  
 
La dimension spatiale :
Il arrive que vous recherchiez quelques manifestations dans le coin où vous êtes.  
 
– Faites un tour sur Google Maps et faites-vous une liste.  
Vous n’avez ni l’envie ni le temps d’en construire une ?  
Connectez-vous à la mienne !  
 
Vous voilà armé pour votre prochaine visite à Paname.  
N’oubliez pas qu’il serait bien dommage d’y aller sans profiter de ses charmes.  
Réserver un train plus tard permet d’optimiser sa journée.   
Sortez des sentiers mille fois rebattus et glissez-vous dans des galeries ignorées.  
Elles sont gratuites et vous y trouverez de quoi nourrir votre pratique photographique.
 
Ma liste sur Google Maps contient à peine une trentaine de lieux. Si vous en connaissez d’autres, dites-le-moi en commentaires.   
Ensemble nous pourrons l’enrichir.  
  

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